La Gauche Moderne est un parti de gauche, animé par Jean-Marie Bockel, qui a choisi de soutenir la politique de réforme juste voulue et appliquée par le Président de la
République. C’est encore un petit parti, mais un parti qui a une grande ambition, être l’acteur principal de la rénovation de la gauche, en rénovant ses idées, son projet, son
programme.
Nous devons d’abord admettre que la mondialisation est un fait qu’il est vain de nier. Si nous devons nous protéger des menaces qu’elle
recèle, comme la financiarisation à outrance de l’économie, nous devons savoir saisir les opportunités de développement qu’elle nous offre.
En encourageant le rôle régulateur des institutions internationales, les programmes
internationaux de recherche et les mécanismes d’aide au développement, nous en ferons le cadre où se développeront des politiques coordonnées de réduction des inégalités, de
développement durable, de protection des ressources naturelles et d’utilisation de nouvelles sources d’énergie.
L’Union Européenne contribuera à cet objectif de bonne gouvernance mondiale et de développement équilibré, en s’affirmant comme un acteur influent de la scène
internationale. La volonté de coopération internationale multiforme, politique, économique, environnementale et pour la paix, la défense exigeante des droits de l’Homme, la
solidarité avec les Etats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme, la concrétisation du projet d’Union pour la Méditerranée, l’affirmation d’une politique
européenne d’immigration concertée et de co-développement, en seront tout à la fois les bases et les outils.
Nous voulons une Europe politique, dotée d’institutions démocratiques lui permettant
de décider et de développer des politiques communes. Nous voulons asseoir son modèle économique et social sur le dynamisme économique, la flexisécurité, et la lutte
contre les inégalités, réorienter les efforts budgétaires et les investissements vers les secteurs d’avenir, vers la recherche et l’innovation, la formation, la
solidarité inter régionale.
Sur le plan national, nous voulons un Etat centré sur ses missions essentielles, avec une place particulière donnée à l’éducation, à la justice, à la sécurité, qui
est un droit pour le citoyen et exige politique de prévention, fermeté dans la sanction, aide à la réinsertion.
Nous voulons un Etat qui, agissant par l’orientation, l’incitation, l’évaluation, plus que par la
réglementation, soit doté d’une administration aux statuts moins rigides et dans laquelle puissent être valorisées, l’initiative et la responsabilité. Un Etat aux
dépenses de fonctionnement limitées, retrouvant la capacité de dégager des marges de manœuvre budgétaires, au bénéfice des politiques sociales et des investissements d’avenir.
Nous faisons le choix d’une organisation régionalisée. Les collectivités locales seront dotées de compétences étendues et exclusives, soutenues par des ressources propres. Contre le
dogme stérilisant de l’uniformité, la diversité de structure et de fonctionnement deviendra une réalité et la plus grande place sera accordée aux initiatives et aux interventions des
acteurs locaux et du monde associatif.
Nos services publics répondront d’autant mieux à leurs objectifs d’utilité sociale et de solidarité, comme aux nécessités de l’efficacité,
qu’ils pourront disposer d’une large autonomie de moyens et de décision, et qu’ils s’inscriront dans le cadre d’une concurrence régulée, comme d’une coopération
public/privé étendue.
Nous voulons favoriser le rôle positif du marché, créateur de richesses, tout en permettant à une régulation d’en corriger, si nécessaire, les injustices et
les incohérences. Nous voulons une concurrence loyale, source de créativité, condition de la croissance et des gains de pouvoir d’achat et qui, en s’opposant
aux situations héritées et de monopole, facilite la mobilité et la promotion sociale. C’est la libération des énergies, l’initiative, la concurrence qui permettront le
développement. C’est le développement qui nous donnera les moyens de la solidarité.
Refusant l’égalitarisme formel, les politiques de redistribution non ciblées, nous voulons une égalité des chances ou une
« égalité des possibles » permettant à chacun de maîtriser son destin. Pour corriger concrètement les inégalités, nous concentrerons les moyens de la
solidarité d’abord sur les plus vulnérables, nous défendrons la proportionnalité des contributions et le versement des prestations sous condition de ressources, nous lutterons
contre toutes les discriminations.
Nous refusons les situations acquises, les privilèges, les statuts rigides et
exagérément protecteurs. L’éducation et la formation, l’incitation à l’emploi, le soutien aux initiatives dans nos villes et nos banlieues, devront permettre à chacun d’avoir sa
chance, et d’en retrouver une en cas d’échec. Notre politique sociale se doit d’être d’abord un tremplin, avant d’être, lorsque nécessaire, un filet de
sécurité.
Pour permettre à la France de poursuivre sur le chemin du plein emploi, nous
privilégierons la flexisécurité, la responsabilisation des acteurs, le soutien aux individus plus que la protection des activités ou des emplois condamnés. Une politique
de croissance durable, la formation tout au long de la vie, l’incitation à la responsabilité et à la mobilité, l’assouplissement négocié du droit du travail, la conditionnalité des aides et des
prestations en seront les principaux moyens.
C’est sur ces bases, adoptées par la plupart des mouvement sociaux démocrates et sociaux libéraux d’Europe, que se fera la rénovation de la gauche. Or cela
n’est pas envisageable pour le parti socialiste. Non pas que ses leaders soient moins intelligents ou moins imaginatifs que les autres, mais parce que la situation politique dans laquelle ils
sont placés le leur interdit.
D’abord parce que la majorité de leurs militants, comme leur clientèle politique
(majoritairement agents de la fonction publique et employés moyennement qualifiés) craignant d’être les victimes du changement qu’une rénovation impliquerait, s’accrochent à leurs statuts ou à
leurs droits acquis. Le parti socialiste qui n’a jamais fait vis-à-vis d’eux la pédagogie nécessaire, ne prendra pas le risque de les inquiéter et de perdre leur vote.
Ensuite parce que les socialistes ne peuvent se passer au 2ème tour, des voix du PC, des divers alter mondialistes, et de celles de l’extrême
gauche. Or ces mouvements n’accorderont jamais leur soutien à un parti qui se prononcerait pour une politique du type de celle indiquée plus haut. Le PS, (en admettant qu’il le veuille ce qui est
loin d’être évident), ne pourra donc pas s’engager de manière sérieuse sur la voie de la rénovation.
Or, en France comme ailleurs, cette rénovation se fera. Elle ne pourra donc venir que d’un mouvement dégagé de cette clientèle et de ces alliances qui conduisent à
l’immobilisme.
La Gauche Moderne peut et veut être le parti qui rassemblera tous ceux qui sont prêts à ce choix courageux et indispensable de la rénovation
de la gauche et veulent contribuer au succès de la politique de réforme juste, dans le cadre de la majorité présidentielle.
Marc d’Héré
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